Ce triptyque est composé de trois planches de skateboard fabriquées à partir de bois d'érable canadien de catégorie A à 7 plis.
© Morgan Art Foundation, LLC. Sous licence Artestar, New York.
L'œuvre LOVE de Robert Indiana fait partie de ces œuvres qui réécrivent discrètement l'histoire de l'art. Tout commence en 1964, lorsque le MoMA lui commande une carte de Noël. Il prend quatre lettres, L-O-V-E, les empile verticalement et incline le « O » de 45 degrés vers la droite. Une typographie digne d'un panneau routier, des couleurs vives, une tension parfaitement calibrée. Personne ne se doute encore de ce qui va arriver.
En 1966, la Stable Gallery organise la première exposition. C'est un véritable succès : des files d'attente se forment à l'entrée, les marchands d'art se disputent les œuvres, le MoMA acquiert un tableau presque dès sa sortie du chevalet. Mais le véritable séisme survient en 1973, lorsque la poste américaine émet 425 millions de timbres à l'effigie de LOVE. Un record historique. Du jour au lendemain, le mot se retrouve dans toutes les boîtes aux lettres du pays.
Du jour au lendemain, ce qui avait commencé comme une critique du rêve américain devient son logo officieux. Mariages, t-shirts, porte-clés, halls d'entrée d'entreprises. Indiana commence à détester sa propre création : « J'ai créé un monstre », dira-t-il. Alors que les États-Unis monétisent l'image, il lutte pour conserver le contrôle de ses droits.
Ce n'est pas une romance à la Hallmark. Ses racines se trouvent dans son éducation méthodiste dans le Midwest et dans le verset « Dieu est amour » (1 Jean 4:8). Les lettres compressées évoquent une Amérique surpeuplée et sous pression ; le « O » incliné fait allusion aux promesses non tenues. Alors que Warhol se moque du consumérisme, Indiana part à la recherche de quelque chose de plus permanent, les dents serrées. Du pop spirituel, plein de contradictions.
Sur le marché, les sérigraphies originales LOVE apparaissent en éditions limitées qui atteignent des prix importants. Des institutions telles que le MoMA et le Whitney ont depuis longtemps acquis leurs exemplaires, et les grandes expositions ont consolidé son statut. C'est un Pop Art qui bénéficie d'une reconnaissance immédiate et d'une crédibilité à long terme, une image qui s'est glissée dans la vie quotidienne et ne l'a jamais quittée.
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